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Affichage des articles associés au libellé printemps

fragments 26-013

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  Maintenant que les feuilles sont revenues, que l'impérieuse industrie chlorophyllienne s'est activée, les arbres sont redevenus égaux, tous vêtus. Dans leur boîte à couleurs, du bleu ? du jaune ? Du vert primaire, natif. Pour mille nuances, mille formes découpées, mille façons de vivre au vent. Ne pas se contenter de marcher parmi les arbres. Lever les yeux vers les feuillages. Saisir les jeux de lumière, le bleu du ciel dans l'interstice. J'aime la rue musicienne. Des cordistes s'affairent en façade. Des accords de guitare jouent un blues  behind the bow-window . Une ouverture d'opéra. Un violon s'échine sur La force du destin,  allegro agitato e presto . Une flûte enchante la rue traversière. Trouver la fenêtre laissée ouverte, comme chercher l'oiseau chanteur dans le bosquet. Photo par lambda quotidien

fragments 26-011

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  Le soleil me brûle la peau. Devenir cloporte ? Cloporte colportant, clopportuniste ? Vivre en zone sombre et humide. Ne sortir qu'aux heures clandestines. Les amours de loriot se chantent dans le feuillage bruissant des frênes. Discrètement derrière le  moucharabieh. Eschscholzia et coquelicot, les cousins de pavot. L'un joue avec le feu, allume ses flammèches, vives comme des oranges. L'autre, c'est l'amour, le rouge baiser, la passion intense. Tous deux, une vie fragile. Image by Cornelia Schneider-Frank de Pixabay

fragments 26-010

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  Maudit escargot, sous tes airs rigolos, combien de fois as-tu ruiné mes espoirs, dévorant sans vergogne mes jeunes pousses vertes dans tes délires pantagruéliques ? Je m'en remets à la grive pour décider de ton sort. C'est un sentier que je parcours souvent seule, aux quatre vents, aux quatre saisons. Eloignons-nous des trouble-fêtes : Monsieur le promeneur de chat en laisse, Mesdemoiselles les adolescentes chantantes, rires gras derrière claustras. Les papillons envolent mon esprit. La nature me nourrit, murmure à mon oreille, charme mes yeux. La prairie renaissante d'avril exhale son parfum de pollens mêlés et d'herbes chaudes. En son sein, le chant du grillon. Image by Thomas de Pixabay

Vagabondage : iris (1)

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  Quel plaisir de retrouver l'iris ! Sa fleur si élégante, tantôt velours, tantôt soie, tantôt froufrou. Fragile...Si le vent lui manque de respect, si la pluie l'assaille, si le froid ou la chaleur l'agresse, la fleur se fripera, se recroquevillera à jamais. La composition florale de l'iris mérite quelques mots de botanique : herborisons ! Les pétales sont la partie dressée de la fleur, les sépales la partie horizontale ou retombante, les tépales ?...les deux !  Faut-il préférer l'iris jaune des marais, iris pseudacorus , aux iris des jardins multiples et variés ? Il faut résolument aimer les deux, le sauvage et le bien ordonné.  Contrairement à la rose, l'iris est rarement évocateur de parfum. Et pourtant les parfumeurs y ont trouvé un trésor, bien caché, dans le rhizome des iris pallida, germanica ou florentina. Ingrédient de luxe obtenu au terme d'un long processus. Caractère noble et sensuel de l'iris, à fleur de peau. L'iris se plaît aussi à mo...

fragments 26-009

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  Les premières feuilles du marronnier attendent, suspendues à leur branche, repliées sur elles-mêmes, comme des ailes de chauve-souris, vertes, frêles, fragiles, prêtes à se déployer. L'aube rose s'annonce douce. Une brume légère enveloppe le verger. Les arbres viennent de revêtir leur tunique blanche. La vie s'en vient, la vie s'en va. Ce blanc, si pur, sait qu'il peut aussi être la couleur du deuil, cruel. De brevitate vitae Mots. Cœur. Les mots du cœur, le cœur des mots. Des mots noirs, un cœur rouge. Des mots rouges, un cœur sombre. Cœur fêlé, cœur enfumé, c œur ardent, mots de feu, mots de flamme . Des mots au fond du cœur. Photo par lambda quotidien

fragments 26-008

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  Le vert stabilote le tracé des allées arborées, les courbes du noisetier tortueux, mes horizons nouveaux. Zinzinule, pupule, frigotte, flûte, roucoule, tirelire, touitouite, croule, tridule, pluvite, craquète, trompette, hulule, pépie, chante bel oiseau ! Ne laisse pas ce printemps silencieux ! Je n'aime pas l'heure du midi au Jardin des plantes. Il y a trop de monde, trop de bruit. Les poubelles débordent grossièrement. Le calme est attaqué de toute part. Les gens s'étalent, colonisent, s'approprient. Les tulipes ont beau exhiber leurs calices rouges et rutilants remplis de lumière vive, non vraiment, je n'aime pas l'heure du midi sauf bien sûr avec toi, sur le banc, au pied du grand cèdre. Image by Frauke Riether de Pixabay

fragments 26-007

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  Les anémones sylvies, pures et candides, se baptisent dans les premières lumières des sous-bois. Heureux qui comme nuage a fait un beau voyage ! Il circule sans attache, sans bagage. Où s'en vont mourir les nuages ? C'est une colline chaude, maternelle, où le printemps naît de sa première hirondelle ! Image by beauty of nature de Pixabay

fragments 26-006

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  Les azalées anonymes, sages et ordonnées, attendent leur heure, tapies au bord des allées. Magnolia, je dois bien avouer que maintenant que tu es tout en feuille, je te trouve moins beau mais je passerai l'année dans le souvenir de tes fleurs douces et magnifiques qui n'auront que trop peu duré ! Le cerisier envole un carnaval de confettis, ivre de vent ! Les vertes fougères déploient follement leurs langues de belle-mère, réveillon. Le printemps est une fête ! Image by Martin Gallmann de Pixabay

fragments 26-005

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  Un soleil timide se lève comme une lune pâle, dans un ciel diaphane, papier japonais washi. Les fleurs s'envolent déjà et chutent, chut ! Magnolia piétiné sur trottoir, confettis de cerisier sur pare-brise. Bientôt la neige légère des pétales. Les muscaris colonisent l'herbe verte, comme une troupe de petits soldats de plomb, sous leurs oriflammes bleues. Les iris hérissent leurs feuillages pointus, à la vitesse de la lumière. La primevère officinale érige sa tige périscope, guettant fossé et alentours. Un poème pour être en printemps 🌼 Un oiseau chante, l’air humide Tressaille d’un fécond bonheur, Un secret puissant et languide Traine sa vapeur, sa moiteur. Ah ! sur toute la douce Europe Voici que s’éveille et s’étend – Parfum d’ambre et d’héliotrope, – Le romanesque du printemps ! Dans le dur branchage circule La sève tendre aux tons d’azur ; L’eau semble en fleur ; la renoncule Scintille comme un ruisseau pur. Les oiseaux jettent l’étincelle De leur acide, frêle voix, Par...

fragments 26-004

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Bric-à-brac des caniveaux. Loin des déchets immondes et perfides s'ouvre une poésie du par terre. Un ourlet de pantalon. Une assiette de falafel. Des verres ballons. Une cervelle en plastique. Un poireau explosé sur la chaussée. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Misère. Je marche. Les vignes taillées, les premières ficaires aux adrets des talus, le ruisseau en crue. Le vent qui me glace les oreilles, le vent doux dans les branches de pin, l'eau qui cascade dans la pente du fossé. Ma chère lande fleurie. Les piaillements des moineaux, le rapace, la grive et le merle aussi. Les nuages gris percés de soleil, l'horizon lumineux. Le parfum du daphné. Je ne veux retenir que cela. Retour des cirrus dans le bleu du ciel. Les draps ondulent sur le fil à linge. Premier papillon. Mon bourdon s'envole, le bourdon bourdonne. Image par Franz Schmid  de Pixabay

fragments 26-003

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La jonquille semble être une personne heureuse. Sa tête pimpante, son jaune éclatant. Comme un visage souriant. Le sequoia sempervirens se fout un tantinet de cette agitation printanière. Toujours vert, grand sage. Je lui sers la main parfois le matin. Derrière le banc, abri de pluie, abri de vent. Comme un parent aimant. Ce matin, au carrefour, vu la branche du magnolia aux prémices de sa floraison, entendu le chant tranquille de la tourterelle. Cadeau du ciel entre le bruit des bagnoles et les bourrasques abruptes. Image par Nicky  de Pixabay

Le réveil du marronnier avec Raymond RICHARD

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Comment ne pas faire du marronnier un marronnier ? Le marronnier d'Inde. Vous savez, les marrons, l'automne, ces fruits inutiles, tout juste bons pour la bagarre et les bricolages des mercredis de pluie. La meilleure saison du marronnier, c'est le printemps ! La nature se réveille et célèbre sa plus grande fête, les arbres deviennent ornements. Le marronnier endosse ce rôle magnifique. Dans son poème "Le printemps", avec ses mots simples et enfantins, Raymond RICHARD a très bien saisi cette transition :  Les petits poings Des bourgeons bruns Dans la lumière Ouvrent leurs doigts Verts, verts, verts, verts… Au bout des branches Les marronniers fleuris Allument leurs bougies Roses et blanches. Les fleurs candides Des cerisiers Les aubépines Dans les prés Font une ronde folle et blanche Blanche, blanche, blanche, blanche. Au Japon, les cerisiers. A Genève, le marronnier : depuis 1818, l'éclosion de la première feuille du marronnier officiel annonce le printemps ! ...

Avant la fin des camélias

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Les camélias, en rang serré, le feuillage sombre et luisant, font masse derrière les grilles du Jardin des Plantes, comme un service d'ordre impénétrable et dénué de toute fantaisie. Le camélia n'est pas attrayant, je le trouve froid. Peut-être une funeste réminiscence des fleurs de camélia déposées auprès de la dépouille de mon grand-père un mois de mars. Et pourtant les camélias nous fleuriront l'hiver, ponctuant leur triste habit de fleurs aux innombrables variétés : roses, rouges, blanches, simples, doubles, semi-doubles, ... Alors, avant la fin des camélias, laissez-moi vous présenter celui que j'ai choisi, comme un ami. Je ne saurai vous le nommer, point d'étiquette à son pied. Fleur magnifique d'un blanc pur, pétales ébouriffés, pimpantes étamines dorées ! Ce camélia m'a cueillie, sans doute un matin où j'étais moins pressée, le regard vagabond. Bientôt les camélias remiseront leurs fleurs au cabanon et se contenteront d'être là, en veille. Et...