Augenblick [1] : warum ?
J'ai aimé apprendre l'allemand. J'étais la seule de ma famille à avoir relevé le défi. C'était donc une grande satisfaction personnelle d'avoir réussi à maîtriser les déclinaisons, à dompter des mots imprononçables, à apprivoiser des constructions de phrases rigoureuses, à tracer des eszett. Même si aujourd'hui j'ai quasiment tout oublié, je garde comme un lien affectif avec cette langue et je me désole que l'allemand n'attire plus. A l'évocation de vacances en Allemagne, la plupart des gens prennent une mine "consternée". Je pense que pour beaucoup d'entre nous, en association d'idées automatique avec le mot Allemagne, c'est le mot guerre qui viendrait. Et c'est sûrement un peu mon cas aussi. Je vous raconterai peut-être un jour l'histoire du petit carnet rouge qui me relie personnellement à cette période sombre. C'est mon devoir de mémoire. Mais j e veux ici aller au-delà, aller vers ce qui peut rassembler. Il...