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Exercice d'écriture (6)

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  Il y a une musaraigne, il y a une muse amie. Des bogues de châtaigne qui protègent leurs fruits. Des rivières qui baignent des endroits de paradis. Des moments de règne et des jours où l'on fuit. Des corps qui s'étreignent sans se soucier des on-dit. Des habits qui déteignent comme accablés par l'ennui. Des hordes de teignes attaquant les peaux meurtries. Des fiers qui dédaignent et vendent leurs mains au mépris. Des rêves qui s'éteignent, doucement, sans faire de bruit. Des principes qu'on nous enseigne, des erreurs qu'on interdit. Des carcans qui restreignent le périmètre de nos fantaisies. Des règles qui s'enfreignent pour un sentiment de survie. Des douleurs qui geignent et qu'on étouffe sans cri. Des paroles qui craignent de tomber dans l'oubli. Des couleurs qui te peignent sans que tu donnes ton avis. Il y a une musaraigne, il y a une muse amie. Il y a ton cœur qui saigne, et qui voudrait l'envie ! Image par Arturo A ñ ez de Pixabay  

fragments 26-021

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  Sur le damier de l'été, jaunes les prés, pailles les pailles. Ici, les vignes font le vert. Là, la forêt fait le vert. Là-bas, le maïs fait le vert. Les érables exposent leurs feuilles brûlées de soleil comme des blessures de guerre. Celles-ci ont résisté à l'assaut, elles ne sont pas tombées à terre, elles ont gardé ce vert autour de la brûlure, elles ont circonscrit le feu. Elles sont là comme un devoir de mémoire, elles nous demandent instamment de lutter ! Le temps d'écrire ces quelques lignes, les feuilles ont séché, le vent a soufflé, l'érable est presque nu, peut-être bientôt mort. Les fourmis s'affairent, en colonne, presque militaire, perpendiculaire au chemin de pierre. Vie de besogne et de mystère. Minuscule univers. Et moi de les éviter de mes pieds mortifères. Photo par lambda quotidien

Pavane sous les étoiles...avec Ravel

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  Cour d'un lycée à la tombée de la nuit, sous un ciel d'été bleu profond. La lune peu à peu s'épanouit. Les pigeons se blottissent sur le zinc des toitures, au premier balcon. Les hirondelles désertent leurs loges et ne cessent de voler. Une pianiste aux dos et pieds nus. Ses notes de piano nous effleurent, gracieuses et sensibles. Pavane pour une infante défunte. Plaisir de l'instant, mélodie veinée de mélancolie. Des notes u n peu comme une musique de film, un peu comme " les choses de la vie "... Une séparation qui se voudrait digne, maîtrisée, froidement cérémonieuse mais l'émotion est la plus forte.  Des larmes que l'on voudrait contenir, cacher mais le souffle nous manque, la voix vacille, le cœur se déchire. Tourments d'un adieu. D erniers échanges, derniers regards, derniers tendres baisers.  Une souvenance, bonheur d'un moment passé ensemble. Guetter les dernières pulsions de vie , de plus en plus faibles, naître un espoir : la vie r...

Augenblick [5] : le petit pêcheur

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  Comment une chanson "légère" de l'été me fait découvrir un prix Nobel de littérature allemand ? La première fois que j'ai entendu la chanson de Manon Lisa, Le Petit Pêcheur , j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une communication institutionnelle pour la défense des travailleurs ou des fonds marins… La seconde fois, je me suis dit que le message véhiculé était simple mais plutôt sympa… C'est l'histoire d'un p'tit pêcheur Et l'histoire de tellement d'gens On t'fait croire que le bonheur C'est courir après l'argent On te dit "gagne ta vie" Comme si vivre suffisait pas Pas besoin d'un grand navire Pour atteindre c'que t'as déjà Cette chanson m'a intriguée, j'ai voulu en savoir plus. Quelle surprise ! Cette chanson est pour partie inspirée d'un texte au très sérieux titre de  Anecdote pour l'abaissement de la morale productiviste ! C'est Heinrich Böll, un des plus grands éc...

Exercice d'écriture (5)

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Même si tu ne dors pas, là-bas, Au moins peut-être … Pourras-tu apercevoir les étoiles ? T'abandonneras-tu aux stridulations des grillons ? Te laisseras-tu charmer par d'autres sirènes ? T'assommeras-tu de lourdes pages ? T'envelopperas-tu dans l'air frais de la nuit ? Frissonneras-tu comme les feuillages ? Apaiseras-tu ton souffle au vent léger ? Dompteras-tu les soubresauts de ton cœur ? Pourchasseras-tu tes fantômes ? Auras-tu moins peur de l'orage ? Auras-tu trouvé un point de fuite ? Auras-tu trouvé un point de chute ? Auras-tu trouvé ton point d'honneur ? Auras-tu retrouvé un souvenir aimant ? Auras-tu retrouvé une nature refuge ? Frôleras-tu un paradis aride et fragile ? Eloigneras-tu l'enfer sournois ? Divagueras-tu corps et âme ? Marcheras-tu sur le chemin des belles-de-nuit ? Plongeras-tu les yeux dans les ténèbres épaisses ? Chercheras-tu une lumière ? Masqueras-tu les horloges ? Tueras-tu le temps ? Laisseras-tu la porte ouverte ? Souriras-tu...

fragments 26-020

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  L'épi semeur. Les folles avoines ondulent, titubent, ivres de soleil. Leur chevelure blonde blanchit à l'excès, mitraillée de lumière. La terre se meurt. La terre est empaillée. Une bête sauvage dont l'expression se fige, privée de son sang, privée de son eau. Sa peau tannée, vieux cuir râpé, perd ses poils, prend la poussière. Des mites incendiaires la dévorent de l'intérieur. Les arbres fauves se déplument, plombés. Soleil de plomb. Chaume. Les pailles ont siroté toute l'eau de la terre. Tout devient paille, paillasse, désespérément sec, sans ombre, brûlé. Le ventre des cumulus a pris couleur fumée. Le feu, ultime déchéance. Photo par lambda quotidien

Fleur soleil

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  Fleur soleil, sunflower, Sonnenblume. Tournesol, jaune intense de tes franges ébouriffées, édredon de pollen pour bourdons câlins. Bientôt les mésanges viendront te piller jusqu'à ta dernière graine ! Soleil aimant, aimable, souriant, conciliant, tout le contraire de l'astre qui accable… Florilège héliotropique, bouquet de saison, entre été et automne… Et les heures marquent leurs roues Sur les cadrans des tournesols. L'autre plaine, Emile Verhaeren Je suis le tournesol inquiet qui se dresse, Sa vie est suspendue aux feux divins du jour… Les rides, Jeanne Perdriel-Vaissière Le jardin désolé conserve un tournesol, Un seul, un peu sauvage, et tout comme un vieux faune, Avec sa tête lourde et sa couronne jaune.      Un fléau, Léon Pamphile LeMay Et le jardin constellé de fauves tournesols Que viennent becqueter maintenant les oiseaux,      Retour triste, Stuart Merrill Nous passons à côté du vieux cimetière dans lequel dorment à jamais cinq ou six génér...