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Exercice d'écriture (4)

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Textes composés en atelier / challenge d'écriture Elen ( Komzoù Ecriture ) nous a proposé de nous inspirer de l'ouvrage de Milène Tournier " Je t'aime comme " pour écrire nos propres déclarations d'amour... J'ai passé ma journée à dire "je t'aime" en cherchant mes idées...Cela donne plutôt le sourire et des textes étonnants... Je t’aime comme un cimetière Je t’aime comme un alignement de stèles Je t’aime comme on suce les racines Je t’aime comme on croque les morts Je t’aime comme un produit en croix Je t’aime comme un abonné absent Je t’aime comme la pluie sur mes joues Je t’aime comme une nuit sans fin Je t’aime comme une paix au ciel Je t’aime comme une marche funèbre Je t’aime comme l’air d’un requiem Je t’aime comme un gisant de marbre Je t’aime comme une mémoire d’outre-tombe Je t’aime comme une abeille sur un chrysanthème   Je t’aime comme une roseraie Je t’aime comme une histoire à l’eau de rose Je t’ai...

Augenblick [2] : Le parfum des poires anciennes

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  Le parfum des poires anciennes , Alte Sorten en allemand. Extrait de la 4ème de couverture : " Dans ce roman lumineux, Ewald Arenz évoque la rencontre de deux âmes blessées qui, ensemble, vont trouver leur place dans le monde. Eloge de la différence et de la liberté, à l'image des multiples variétés de fruits qui poussent dans le jardin de Liss sans laisser la main de l'homme les façonner, Le parfum des poires anciennes est un hymne à la nature et à l'amitié." Ecrit par Ewald Arenz, écrivain allemand contemporain, ce roman qui a connu un grand succès m'a plu. J'ai eu envie de croire à l'histoire de Liss et Sally, née du hasard d'une rencontre. Une rencontre d'abord rude, rugueuse puis interactive, essentielle, structurante. Je les ai quittées à regret lorsque j'ai achevé la lecture de ce roman. Ambiance travaux de la ferme, une attention portée à la nature et au rythme des saisons, sorte de nature writing  à l'allemande. Un roman fe...

fragments 26-004

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Bric-à-brac des caniveaux. Loin des déchets immondes et perfides s'ouvre une poésie du par terre. Un ourlet de pantalon. Une assiette de falafel. Des verres ballons. Une cervelle en plastique. Un poireau explosé sur la chaussée. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Misère. Je marche. Les vignes taillées, les premières ficaires aux adrets des talus, le ruisseau en crue. Le vent qui me glace les oreilles, le vent doux dans les branches de pin, l'eau qui cascade dans la pente du fossé. Ma chère lande fleurie. Les piaillements des moineaux, le rapace, la grive et le merle aussi. Les nuages gris percés de soleil, l'horizon lumineux. Le parfum du daphné. Je ne veux retenir que cela. Retour des cirrus dans le bleu du ciel. Les draps ondulent sur le fil à linge. Premier papillon. Mon bourdon s'envole, le bourdon bourdonne. Image par Franz Schmid  de Pixabay

Augenblick [1] : warum ?

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J'ai aimé apprendre l'allemand. J'étais la seule de ma famille à avoir relevé le défi. C'était donc une grande satisfaction personnelle d'avoir réussi à maîtriser les déclinaisons, à dompter des mots imprononçables, à apprivoiser des constructions de phrases rigoureuses, à tracer des eszett. Même si aujourd'hui j'ai quasiment tout oublié, je garde comme un lien affectif avec cette langue et je me désole que l'allemand n'attire plus. A l'évocation de vacances en Allemagne, la plupart des gens prennent une mine "consternée". Je pense que pour beaucoup d'entre nous, en association d'idées automatique avec le mot Allemagne, c'est le mot guerre qui viendrait. Et c'est sûrement un peu mon cas aussi. Je vous raconterai peut-être un jour l'histoire du petit carnet rouge qui me relie personnellement à cette période sombre. C'est mon devoir de mémoire. Mais j e veux ici aller au-delà, aller vers ce qui peut rassembler.  Il...

fragments 26-003

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La jonquille semble être une personne heureuse. Sa tête pimpante, son jaune éclatant. Comme un visage souriant. Le sequoia sempervirens se fout un tantinet de cette agitation printanière. Toujours vert, grand sage. Je lui sers la main parfois le matin. Derrière le banc, abri de pluie, abri de vent. Comme un parent aimant. Ce matin, au carrefour, vu la branche du magnolia aux prémices de sa floraison, entendu le chant tranquille de la tourterelle. Cadeau du ciel entre le bruit des bagnoles et les bourrasques abruptes. Image par Nicky  de Pixabay

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Renaissance Les premières fleurs de magnolia ont éclos, roses chamallow. Douceur. Primavera. Le prunus se drape dans son Liberty aux minuscules fleurs roses et blanches. Pacifique tourterelle, ton chant doux, ta ritournelle. Ma colombe paisible. Image par Mariya Muschard  de Pixabay

écorces

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"Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement. Posé sur son buvard de brume Chaque arbre est un dessin d'herbier"* La silhouette de l'arbre en hiver est bien différente, plus fragile, peut-être moins avenante. Est-ce parce que ma peau me fait souffrir par ces temps froids ? Parce qu'elle sèche, tiraille, crevasse ? Je pense aux arbres nus, dépouillés de leurs parures de feuilles, dans leurs manteaux de peau. Le franc soleil d'hiver, filtré par aucun feuillage, pose sa lumière sur les troncs, réchauffent autant qu'il peut les ramures. Face aux écorces, tentation d'un "peau à peau". Poser sa main sur l'écorce, suivre du doigt son relief, ses entrelacs, ses microsillons. Les écorces les plus âgées sont parcourues de rides parfois épaisses, de creux parfois moussus. Patiente croissance, chemins de sève, toute une vie d'arbre à raconter ! Marcher sur des lambeaux d'écorce, n'y prêter aucune attention et soudain reconnaître le...