fragments 26-023

C'est un pays de loups, un pays de fougères. Ici, le silence est sincère. Pas un bruit de véhicule, pas la moindre particule. Seulement le vent, le murmure des branches d'épicéa. Ici, l'aube est vallonnée, le crépuscule hulule. Les arbres dansent les haies. Tout se fait et se défait, sans autre bruit que le chant du chardonneret ou le cri du geai, sans autre souhait que de demeurer en paix.
La vitre n'est pas embuée, il fait encore jour le matin à l'heure où le train croise le fleuve. Parvenir à glisser mon regard parmi les corps verticaux. Tenter de percevoir l'humeur du fleuve, tenter d'apercevoir la sterne agile, surprendre le héron immobile. Bientôt il fera pénombre et brume.
C'est l'automne et pourtant les bourdons bourdonnent, les grillons grillonnent. Une forme d'assaisonnement avec "a" privatif. Une absence de saison, un ajournement. Patience, patience, bientôt la nuit sera puissance, la pluie son alliance.
Photo par lambda quotidien
Commentaires
Enregistrer un commentaire