écorces
"Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d'herbier"*
La silhouette de l'arbre en hiver est bien différente, plus fragile, peut-être moins avenante.
Est-ce parce que ma peau me fait souffrir par ces temps froids ? Parce qu'elle sèche, tiraille, crevasse ? Je pense aux arbres nus, dépouillés de leurs parures de feuilles, dans leurs manteaux de peau.
Le franc soleil d'hiver, filtré par aucun feuillage, pose sa lumière sur les troncs, réchauffent autant qu'il peut les ramures. Face aux écorces, tentation d'un "peau à peau".
Poser sa main sur l'écorce, suivre du doigt son relief, ses entrelacs, ses microsillons. Les écorces les plus âgées sont parcourues de rides parfois épaisses, de creux parfois moussus. Patiente croissance, chemins de sève, toute une vie d'arbre à raconter !
Pardon à ce grand pin maritime que j'ai écorché, enfant, pour quelques grammes de résine qui nous collait les doigts mais sentait si bon !
Merci à l'écorce fibreuse du peuplier qui m'aide à allumer mon feu.
Hommage à l'écorce du bouleau jadis support d'écriture pour quelques peuples du monde.
Au printemps dernier, au Jardin des Plantes, j'ai cru qu'un arbre était mort, son écorce tombait en petits fragments, ses feuilles tardaient à venir. Puis il est devenu splendide ! Zelcova sinica, faux orme de Chine, choisi par les botanistes pour son écorce décorative ! Je guetterai bientôt son réveil !
Extrait du poème "Arbres d'hiver " de Sylvia PLATH
Photos par lambda quotidien

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